Archives des colonnes yourYukon

Colonne 5 Étude de la
situation du caribou
 
 

Le caribou est un élément extrêmement important de l'écosystème du nord du Yukon.

Il est aussi l'étalon d'après lequel les peuples du Nord ont toujours jaugé l'état de leur environnement : « Si le caribou va, tout va! ».

Aujourd'hui, les scientifiques, en collaboration avec les chasseurs, font de manière méthodique ce que les peuples du Nord ont toujours fait empiriquement : utiliser le cheptel de caribous de la Porcupine pour évaluer l'état de l'environnement dans le Nord.

La Northern Yukon Ecological Knowledge Co-operative, qui fait partie du réseau de surveillance et d'évaluation écologique du gouvernement canadien, a établi que le cheptel de la Porcupine était un indicateur clé des changements qui affectent l'environnement du Nord. Le cheptel de caribous de la Porcupine sera donc désormais dans le collimateur des scientifiques et des habitants du Nord.

Le ministère des Ressources renouvelables du Yukon recueille des données sur l'état de santé du caribou depuis plusieurs années. Il s'agit d'une étude à long terme de l'état de santé du caribou, explique Dorothy Cooley, biologiste du bureau régional du ministère à Dawson.

« À l'heure actuelle, nous recueillons des données de base, explique-t-elle. Cette information sera nécessaire pour comprendre les raisons des fluctuations observées dans l'état de santé du caribou. »

L'étude de l'état de santé du caribou a débuté il y a dix ans, avec un projet de recherche d'une étudiante de l'université de l'Alaska à Fairbanks. Entre 1987 et 1990, le chercheur, Anne Allaye-Chan, a recueilli des carcasses des femelles adultes et a mesuré leur masse totale, leur taux de protéines corporelles et leur taux de gras, afin d'établir leur état de santé général.

En 1990 et en 1991, les biologistes du gouvernement du Yukon procédèrent à des échantillonnages pour vérifier les résultats obtenus par Anne Allaye-Chan. Depuis, plusieurs échantillonnages de même type ont été effectués.

Dans l'étude initiale, Mme Allaye-Chan procédait à quatre campagnes d'échantillonnage par année (carcasses de femelles), selon l'époque et l'endroit où il y avait du caribou : en juin et en juillet, les caribous sont sur leur terrain de mise bas en Alaska; en septembre ils sont près d'Old Crow, et en novembre et en mars on les trouvent près de la route de Dempster.

Maintenant que l'étude est entièrement assurée par des chercheurs canadiens, l'échantillonnage qui était effectué en Alaska au début de l'été ne se fait plus et on ne prélève des échantillons que trois fois l'an, explique Mme Colley.

Mme Colley cherche également des moyens de rendre l'échantillonnage moins cher et plus instructif. Elle s'inspirera probablement des méthodes proposées par Mme Allaye-Chan afin de pouvoir travailler avec un système d'échantillonnage plus limité qui lui permettrait d'examiner un plus grand nombre de spécimens.

Elle a accompagné des chasseurs pour prélever des échantillons d'organes et mesurer le taux de graisse sur environ 60 carcasses par année. Mais ce chiffre est très modeste par rapport à la taille du cheptel et il lui est très onéreux de procéder elle-même aux opérations d'échantillonnage.

« Les chasseurs prélèvent environ 2000 caribous par année, explique Mme Cooley. Ce chiffre me fait rêver... »

En obtenant de l'information même sur une petite partie du nombre d'animaux tués chaque année par les chasseurs, elle augmenterait grandement le nombre d'individus qu'elle pourrait échantillonner. Elle a donc entrepris de recruter des chasseurs pour l'aider dans son étude.

« Les chasseurs ont une très bonne idée de la masse que peut représenter un caribou; c'est pourquoi depuis deux ans je demande à des chasseurs d'évaluer le taux de gras que peut contenir un caribou à partir d'une échelle de un à cinq. »

Les chasseurs qui participent à l'étude mesurent également le gras dorsal des carcasses et prélèvent un des deux reins de l'animal aux fins d'analyse. Elle leur demande aussi parfois de prélever d'autres échantillons d'organes.

« Il faut savoir doser, parce qu'on risque de trop demander aux chasseurs, dit-elle. Pour eux, c'est une grosse responsabilité. Il faut qu'ils croient vraiment au projet. »

Pourtant elle dit que plusieurs chasseurs sont prêts à collaborer, notamment ceux des petites localités comme Old Crow pour qui le caribou demeure une importante source de subsistance. Les gens sont très préoccupés par l'état de santé du cheptel et par la situation de l'environnement dans le Nord.

Pour avoir plus d'information sur l'étude concernant l'état de santé du caribou, s'adresser au ministère des Ressources renouvelables du Yukon. Et pour obtenir de l'information sur le réseau de surveillance et d'évaluation écologique du gouvernement canadien et sur la Northern Yukon Ecological Knowledge Co-operative, s'adresser au Service canadien de la faune, Environnement Canada, Whitehorse.

 

En haut de la page Environnement Canada Région du Pacifique et du Yukon