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Les picas pique-niquent sur les pics |
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La vie de pica dans les champs de glace des monts Saint-Élie n'est pas facile. La nourriture préférée du pica, le carex et l'épilobe, n'est pas très abondante. C'est l'hiver presque à l'année et ces petits animaux n'hibernent pas.
Le pica de la chaîne Saint-Élie vit dans des nunataks isolés, des îlots de roches au beau milieu des glaciers. Au printemps et à l'automne, les tempêtes entraînent des oiseaux chanteurs en migration dans les champs de glace où ils y trouvent la mort. Le petit pica massif court sur les glaciers et ramasse les oiseaux morts, comme s'il cueillait des plantes alpines qu'il fait sécher. « C'est comme une manne qui vient du ciel chaque année » de dire David Hik, professeur d'écologie à l'Université de Toronto, qui a étudié les picas durant plusieurs saisons. « Parfois, ils cordent les oiseaux comme du bois de chauffage. » Au cours des 50 dernières années, des scientifiques et des alpinistes ont signalé la présence de picas dans les nunataks des monts Saint-Élie. Le premier voyage de Hik dans les monts Saint-Élie remonte à 1991, avec un groupe de recherche qui tentait de répertorier toutes les plantes et les animaux des nunataks. Hik est toutefois retourné pour étudier les picas. « Lorsqu'on s'y trouve, c'est plutôt désolant, mais même une petite étendue d'herbes attire l'attention » de dire M. Hik. « Mais il y a de nombreux alpages protégés qui abritent des plantes, des insectes et même des oiseaux nicheurs. À mes yeux, ce qu'il y a de plus remarquable dans les nunataks isolés, c'est la présence de petits mammifères. » Il y a deux espèces de pica en Amérique du Nord. M. Hik est le premier scientifique à étudier en profondeur le pica à collerette, l'espèce qui habite au Yukon, en Alaska et au nord-ouest de la Colombie-Britannique. Alors que d'autres mammifères habitent en marge des glaciers, M. Hik affirme que les picas sont les seuls mammifères connus qui vivent à l'année au beau milieu des glaciers. De plus, ils sont les seuls picas connus en Amérique du Nord qui se nourrissent de viande. Le pica fait partie des lagomorphes, l'ordre qui comprend les lapins et les lièvres. Les guides d'identification mentionnent que le pica est herbivore. Il se sert de ses dents avant très acérées pour ramasser de grandes quantités d'herbes qui serviront tout l'hiver. Même son système digestif porte les caractéristiques d'un herbivore car la nourriture y est fermentée. M. Hik dit qu'au début les autres biologistes ne croyaient pas ses histoires de picas mangeurs de viande. « Je disais que c'était une caractéristique extraordinaire et je demandais si quelqu'un d'autre avait relevé quelque chose de semblable et on me répondait que j'étais fou » de dire M. Hik. Il sait que les picas mangent des oiseaux car son équipe de recherche a analysé le poil et les fèces de pica. En se servant d'une technique à isotope stable, il est possible de déterminer ce qu'ont mangé les picas. M. Hik veut déterminer quelle proportion du régime alimentaire du pica est composée de viande d'oiseau. Les cervelles d'oiseaux sont un délice pour les picas. « Nous savons que les picas se nourrissent des cervelles car il y a des petits trous à l'arrière de la tête des oiseaux » de dire M. Hik. « Lorsqu'ils se nourrissent de viande, la plupart des animaux mangent la cervelle et les intestins. Ces parties contiennent une bonne proportion de matières grasses et de protéines et il est facile de les digérer. » Hik espère être en mesure de déterminer comment le supplément de viande affecte la capacité des picas de survivre et de se reproduire dans les nunataks isolés. Il compare les picas des champs de glace à deux autres groupes de picas dans la région de Kluane : un dans la chaîne Ruby et l'autre près de la rivière Slims. Leur régime alimentaire, composé de plantes, est plus commun. Toutefois, ces picas habitent dans des pentes d'éboulis, près de prairies alpines, un environnement où il est habituel de les voir. La végétation alpine est à leur portée. De plus, selon M. Hik, les spermophiles arctiques mangeraient tout oiseau mort avant que les picas puissent même s'en approcher. M. Hik ne peut imaginer un endroit plus inhospitalier que les champs de glace où vivent les picas. Dans les monts Saint-Élie, où la neige est abondante et où les froids sont extrêmes, il n'y a que de 30 à 40 jours sans neige par année. Survivre est déjà assez difficile, mais M. Hik a des preuves que les picas se déplacent sur les glaciers. Les picas ramassent des plantes dans des petits alpages en pente qui se forment près des sommets des nunataks. Étant donné qu'il y a de la place pour seulement deux picas dans la plupart des nunataks, le jeune pica fait face à un grave problème lorsque sa famille le chasse du nid. Comme des explorateurs intrépides de l'Arctique, les jeunes doivent traverser des glaciers afin de trouver un autre alpage. Dans la chaîne des monts Saint-Élie, cela peut représenter un long voyage en solitaire. « Imaginez un animal de 160 grammes qui emmagasine assez de nourriture pour se déplacer sur un glacier d'une longueur de plus de 10 kilomètres. C'est difficile à croire. Il est possible que les oiseaux constituent une bonne partie du régime alimentaire des picas car on trouve des carcasses d'oiseaux sur les glaciers. Par contre, j'en ai aucune idée comment les picas trouvent les oiseaux » d'ajouter M. Hik. Le travail de Hik est une autre façon de connaître les effets du réchauffement de la Terre sur les écosystèmes alpins du Nord. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le sujet, procurez-vous la revue de décembre de National Geographic. Le sujet principal est le nunatak des monts Saint-Élie. Il est également possible de s'adresser au professeur David Hik à l'Université de Toronto, à la division des sciences de la vie, Scarborough (Ontario) M1C 1A4. |
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