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Colonne 20 Enquêtes sur de
vieilles mines
 
 

Cet été, lorsque le niveau de la rivière McQuesten sud sera bas, des techniciens d'Environnement Canada prélèveront, en canot, des échantillons de sédiments au fond de la rivière. On étudiera ceux-ci dans le but de trouver des traces de pollution générée par la mine United Keno Hill. Le gisement, découvert en 1906, est un bon exemple du travail d'enquêteur qui consiste à examiner de vieilles mines dans le territoire.

Un technicien d'Environnement Canada prélève des échantillons de sédiments au fond de la rivière (photo : D. Davidge)Les vieilles mines posent un défi de taille pour les responsables de la protection de l'environnement au Yukon. Il est difficile de déterminer comment l'environnement a été modifié lorsqu'on ne connaît pas l'état d'origine des lieux. De plus, lorsqu'on se préoccupe de la pollution des cours d'eau, le défi est encore plus grand.

Il est beaucoup plus facile d'examiner les nouvelles mines car les représentants du gouvernement et des sociétés minières peuvent faire des tests avant que la mine ne soit ouverte. Une fois les données de base obtenues, il est possible de relever tout changement dans l'environnement. Toutefois, de nombreuses mines ont été établies à une période où l'on se souciait peu des répercussions possibles sur l'environnement.

« Il est très important d'avoir de bonnes données de base car il faut avoir des preuves pour défendre tout soupçon de répercussions négatives sur l'environnement » de dire Benoît Godin, responsable de la Division des contaminants de l'environnement, à Environnement Canada, au Yukon. M. Godin affirme que dans le cas d'une vieille mine comme la United Keno Hill, il faut deviner ce qui s'est passé.

Depuis plus de 25 ans, Environnement Canada tente de déterminer les répercussions de la mine sur l'environnement et il utilise de nouveaux outils. En 1978, le barrage en aval des bassins de décantation et de stockage des stériles et des boues a cédé et 53 millions de gallons d'effluents, de stériles et de boues se sont déversés dans le ruisseau Flat qui se jette dans la rivière McQuesten sud. Une étude menée en 1985 montre qu'il y avait des concentrations plus élevées de métaux lourds dans les sédiments du ruisseau que sur le site de la mine. Il y avait également moins d'espèces d'invertébrés benthiques dans le ruisseau. Ces organismes de fond sont des baromètres importants de la qualité de l'eau.

Lorsque le ministère a mené des travaux sur la rivière McQuesten sud en 1990, il n'a pas relevé de répercussions graves, mais M. Godin dit que cela peu varier selon la perspective utilisée.

« Nous croyons qu'il reste peu de séquelles, mais il est possible qu'auparavant nos outils n'étaient pas assez perfectionnés. Avec des méthodes et des outils plus précis, nous pourrions relever des dommages insoupçonnés ».

On tiendra compte des échantillons de sédiments dans la nouvelle méthode de mesure. Les effluents et les sédiments des résidus miniers précipitent à l'extérieur des lits de gravier des cours d'eau et sont transportés ailleurs.

Les techniciens du ministère se servent d'un système GPS pour déterminer l'endroit précis où sont prélevés les échantillons. Un tamis sert à séparer le limon et l'argile des gros morceaux de gravier. Ces sédiments fins absorbent les ions métalliques plus efficacement que les gros morceaux de gravier car leur surface est plus étendue que ceux-ci.

Par la suite, on analyse les sédiments en laboratoire. « Nous cherchons des points saillants dans le profile des sédiments de la rivière. Un point saillant est un secteur où la concentration de métaux lourds est élevée » d'expliquer M. Godin.

Environnement Canada tente de cartographier les concentrations de sédiments contaminés du fond de la rivière. « Nous savons qu'il y a des failles dans les bassins de résidus miniers et que des sédiments contaminés se sont échappés. Nous avons trouvé des concentrations élevées dans le ruisseau et nous tenterons d'établir un lien avec des déversements » d'ajouter M. Godin.

Si le ministère peut trouver un certain nombre de secteurs où la concentration de sédiments élevée fait référence à des déversements de la mine, il pourra mieux évaluer les répercussions et le mouvement des contaminants dans le réseau hydrographique. De plus, il pourra évaluer comment l'environnement se remet des déversements. L'étape suivante est la datation par rayonnement des sédiments contaminés. Toutefois, cette technique comporte des problèmes car on s'attend à trouver des minéraux dans les environs de la mine. Il s'agit de déterminer si les sédiments sont d'origine naturelle ou s'ils sont le résultat de la contamination.

Le plomb 210 sert à la datation car sa durée utile de 22 ans est relativement courte et fait partie du gisement de minerai de la région. Le plomb déversé dans l'environnement commence à se détériorer au moment où il s'attache aux sédiments. La datation de ce plomb donnera un résultat différent de celui du plomb intact qui repose dans le substrat rocheux.

De plus, le ministère tente de déterminer quelles populations d'invertébrés peuplaient la rivière avant la mise sur pied de la mine. En été, des équipes se rendent aux ruisseaux non pollués situés près de la mine et prennent note de données relatives aux courants, au substrat, à la végétation et aux invertébrés. Ces données serviront à déterminer l'état d'origine des ruisseaux contaminés.

La mine United Keno Hill a fermé ses portes en 1989, mais il est possible qu'elle rouvre. Si tel est le cas, l'enquête sur l'état de l'environnement aidera le ministère à l'établir les normes appropriées de protection de l'environnement. Si la mine demeure fermée, les données peuvent servir à l'établissement de normes relatives à la restauration du site.

« Les mines abandonnées du Yukon continueront à nous hanter. À la mine United Keno Hill, des problèmes ont été laissés derrière, mais nous perfectionnons nos outils » de dire M. Godin.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les contaminants au Yukon, veuillez vous adresser à Environnement Canada au (867) 667-3400.

 

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