| Colonne 23 |
La grue du Canada longe le sillon Tintina |
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Le ciel du Yukon sera bientôt la scène d'un autre spectacle faunique qui caractérise cette partie du monde. Au cours des prochaines semaines, des grues du Canada migreront jusqu'à leurs aires d'hivernage dans le sud des États-Unis. Durant quelques jours, de grandes volées de grues passeront au Yukon.
La grue du Canada mineure migre deux ou trois fois plus loin que les autres grues du Canada, parcourant ainsi jusqu'à 22 000 kilomètres par année. Des trois sous-espèces de grues du Canada en Amérique du Nord, elle est la plus abondante. Au Yukon, les grues migrent le long du sillon Tintina, un long fossé tectonique qui dresse une ligne de 725 kilomètres du nord-ouest au sud-est du territoire. De nombreuses espèces d'oiseaux suivent le sillon, car il leur offre un parcours à faible altitude d'un bout à l'autre du Yukon. La migration de grues du Canada au Yukon est répertoriée depuis 1904, mais peut d'observateurs ont documenté la migration. En 1950, un observateur des fermes Pelly a signalé que durant la migration automnale, de 1000 à 5000 grues passaient quotidiennement. Cela a duré deux semaines. Les grues volent habituellement durant le jour et se reposent la nuit dans les lieux découverts. La ferme Partridge, située à proximité de la route de l'Alaska, n'est pas directement sur le sillon Tintina, mais le propriétaire, Del Buerge, dit que les grues vont souvent y passer la nuit au printemps et à l'automne. L'automne dernier, il a compté environ 2500 grues dans un de ses champs. Un printemps, le mauvais climat a ralenti la migration et des centaines de grues ont passé trois semaines à sa ferme, après les semences. Buerge dit qu'il a toujours un faible pour ces oiseaux, même s'il a fallu semer de nouveau cette année-là. La grue du Canada peut être spectaculaire. Elle fait des spirales à haute altitude, suivant les courants d'air qu'elle affectionne. Avec leur son de clairon caractéristique, on peut entendre les grues avant même de les apercevoir. Le corps de la grue du Canada est lourd et son cou est long. La grue pèse environ 3,5 kilogrammes et mesure environ 1,25 mètre. La découverte d'un fossile de grue de 6 millions d'années, au Nebraska, prouve que l'oiseau compte parmi les plus vieilles espèces d'oiseaux. Même si l'oiseau est des plus intéressants et qu'il migre en grand nombre dans le territoire, sa migration n'est pas aussi populaire que l'événement faunique par excellence au Yukon : l'arrivée des cygnes trompettes et siffleurs, dans le sud-est du territoire, au printemps et à l'automne. La migration des grues n'est pas à proximité des lieux les plus habités au Yukon. Faro est probablement le meilleur endroit pour observer les grues, car le sillon Tintina est relativement étroit et bordé de montagnes. Ainsi, les grues passent à un endroit qui a un effet d'entonnoir. Jim Hawkings, biologiste du Service canadien de la faune, qui a étudié les cygnes à fond, mentionne un autre élément qui rend l'observation de la migration des grues difficile : « Il est facile d'aller au Havre des cygnes, au lac Marsh, à la fin d'avril pour observer les cygnes, mais les grues ne font que passer. Il est facile de ne pas les apercevoir ». Toutefois, M. Hawkings et d'autres observateurs d'oiseaux mentionnent qu'il vaut la peine de voir la migration des grues du Canada. Il peut être plus simple de voir la migration printanière car celle-ci est plus facile à prédire que celle d'automne. Sur quatre années, on a observé des grues en migration au lac Little Salmon dans le centre-sud du Yukon, du 27 au 29 avril. À l'automne, les oiseaux sont plus dispersés, mais on peut habituellement les voir dans le territoire durant la troisième semaine de septembre. Après avoir passé au Yukon, les grues continuent leur route pour atteindre leurs aires d'hivernage dans l'ouest du Texas, l'est du Nouveau-Mexique et le nord du Mexique. Toute personne qui veut être certaine de voir des grues du Canada en grand nombre peut se rendre à la rivière Platte, au Nebraska, au printemps. La plupart des 600 000 grues qui se servent de cette aire de repos chaque année sont des grues mineures, mais les autres sous-espèces s'arrêtent à ces terres basses également. Certaines grues y passent jusqu'à six semaines et se nourrissent principalement de restes de maïs dans les champs bordant la rivière. La plupart des populations de grues du Canada sont en santé, mais la perte d'habitat le long de la rivière Platte est une des menaces principales de l'espèce. Au Yukon, les biologistes sont intéressés à protéger un autre type d'habitat. Avec les efforts de protection de la grue blanche du Canada, espèce en danger, on a reconnu un type d'habitat spécifique : les voies migratoires. Lorsque les oiseaux sont en migration, la circulation aérienne est contrôlée. Wendy Nixon, biologiste au Service canadien de la faune, mentionne que les grues blanches du Canada freinent la circulation aérienne. Étant donné qu'il y a un grand nombre de grues du Canada et d'autres espèces d'oiseaux qui se servent du sillon Tintina comme voie migratoire, certains biologistes croient que la reconnaissance de cet habitat aviaire devrait être prise en considération. Contrairement aux grues blanches du Canada, étudiées de près le long de leur voie de migration, les grandes envolées de grues du Canada passeront au-dessus du Yukon sans tambours ni trompettes. Les Yukonnais intéressés à regarder ce spectacle dans quelques semaines devraient consulter le site Web du Northern Prairie Wildlife Research Center. Le printemps dernier, ce groupe des États-Unis a doté environ 20 grues du Canada de colliers-émetteurs et suit leurs déplacements. Par exemple, la grue n° 7558 a été repérée à 66° de latitude et à 146° de longitude, le 23 août. Cela veut dire qu'à cette date, la grue se trouvait encore à l'ouest de la frontière du Yukon. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la migration des grues du Canada, téléphonez au Service canadien de la faune (667-3929). |
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