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Colonne 25 Héritage de la guerre
froide : nettoyage du
réseau radar DEW
 
 

Dans les années 1950, le réseau radar DEW a été installé le long de la côte nord du Canada dans le but de protéger l'Amérique du Nord contre des attaques de l'étranger. Aujourd'hui, on est davantage préoccupé par la contamination de l'environnement où sont situées les stations radar que par les bombardiers russes à long rayon d'action. Toutefois, le nettoyage des stations n'est pas une mince tâche.

Le station du réseau radar DEW à Komakuk Beach dans les années 1980 (photo : Environnement Canada)Le travail est particulièrement exigeant à Komakuk Beach, située sur le Versant Nord du Yukon, dans le parc national Ivvavik. Commencé l'été dernier, le nettoyage à cette station devra répondre à des normes de nettoyage beaucoup plus rigoureuses qu'à toute autre sur le réseau.

À Komakuk Beach, l'environnement est supposé retrouver son état d'origine. Il s'agit toutefois d'une tâche d'envergure, car le poste militaire existe depuis plus de quarante ans. Tous les sites ont des problèmes graves de contamination aux BPC. Durant les années 1950, ces produits chimiques entraient dans la composition de presque tout, des transformateurs à la peinture.

Plusieurs autres facteurs compliquent le nettoyage de Komakuk Beach, dont le statut de patrimoine de l'endroit. Il y a plusieurs années, lorsque le gouvernement du Canada a examiné les bâtiments du patrimoine au pays, le site Komakuk s'est classé bien haut sur l'échelle des sites d'importance. On ne sait pas encore quelles seront les répercussions sur l'endroit maintenant que celui-ci a été nommé site du patrimoine.

Komakuk Beach est une des deux stations prototypes du réseau de radar DEW construites durant les années 1950 et demeurera un poste radar à court rayon, sans personnel. On nettoie le site conformément à une entente conclue avec le ministère de la Défense nationale, qui alloue 9,8 millions de dollars au nettoyage.

Jusqu'à présent, on a fermé 21 postes du réseau, et il n'a pas été facile de déterminer qui devrait payer pour le nettoyage. Le gouvernement des États-Unis a construit le réseau, mais il n'est pas légalement obligé de payer les coûts de nettoyage. Il en va de même pour d'autres projets militaires de la Seconde Guerre mondiale tel le pipeline Haines.

Après de longues négociations, le gouvernement des États-Unis a accepté de donner 100 millions de dollars (en dollars américains) comme crédit pour l'achat d'équipement militaire américain. Les montants complémentaires déboursés par le Canada ont fait monter le total à 280 millions de dollars (en dollars canadiens).

À la plupart des sites, de nombreux matériaux de construction et autres débris seront enterrés sur place. Une telle pratique ne sera pas permise à Komakuk Beach. Tout ce qui sera démoli devra être transporté par barge. Il faut même nettoyer tous les sites d'enfouissement du long de la côte et ne laisser aucune trace de ceux-ci.

La peinture contenant des BPC utilisée à chacun des postes du réseau demeure une question non résolue. M. Rob Martell, chargé de projet du nettoyage du réseau de radar DEW mené par Construction de Défense Canada, la société d'état responsable de la construction militaire, dit que la peinture a été appliquée sur les quatre côtés de presque chaque morceau de bois utilisé.

« Les BPC ont rendu la peinture plus durable. Durant les années 1950, ces produits chimiques miracles étaient utilisés pour leur grande stabilité. Toutefois, leur stabilité est la raison pour laquelle ils sont si dangereux. Ils durent longtemps en milieu naturel » de dire Vic Enns, responsable du programme de lutte contre la pollution auprès d'Environnement Canada, à Whitehorse.

Étant donné que les BPC sont des substances réglementées, Environnement Canada décide des méthodes de manipulation du produit durant le nettoyage. Si la peinture est considérée comme un déchet contenant des BPC, tous matériaux recouverts de cette peinture doivent être transportés par barge à un site d'évacuation des déchets dangereux dans le sud.

Une option moins coûteuse est d'enterrer les matériaux tels quels, à un site d'enfouissement de déchets dangereux dans l'Arctique. « On ne sait pas encore s'il est permis d'enterrer les matériaux qui contiennent de la peinture contenant des BPC » d'ajouter Vic Enns. Il sera difficile de prendre une décision, car celle-ci aura des répercussions sur d'autres installations au Canada.

Les matériaux non dangereux de Komakuk Beach seront envoyés à un site d'enfouissement à Shingle Point, situé à l'extrémité ouest du delta du Mackenzie. Cette station de radar demeurera de longue portée. Stokes Point, le troisième poste au Yukon, est également dans le parc. En ce moment, on ne compte pas nettoyer cet endroit.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le nettoyage des stations du réseau radar DEW, s'adresser à Environnement Canada au (867) 667-3400.

 

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