| Colonne 26 | Danger : Glace mince |
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Depuis 1982, Chris Burn étudie le pergélisol dans la région de Mayo. Il s'intéresse aux changements permanents du sol gelé qu'entraîneraient les changements climatiques. Par ailleurs, d'après lui, la glace est un baromètre important du climat. M. Burn obtient de l'aide d'élèves de Mayo afin d'étudier le rapport entre les conditions hivernales et l'épaisseur de la glace de lacs du centre du Yukon. « J'ai toujours considéré la glace des lacs comme un facteur fondamental des changements saisonniers » de dire M. Burn. Il a mis sur pied une étude de quatre grands lacs de la région de Mayo. Des élèves de l'école J.V. Clark mesureront l'épaisseur de la glace sur les lacs une fois par mois et ils compareront leurs données à celles enregistrées à l'aéroport de Mayo sur les conditions climatiques. M. Burn a mentionné que l'épaisseur de la glace dépend de l'intensité de la saison hivernale, un facteur mesuré selon la température. Une note est attribuée selon le nombre de degrés au-dessous de zéro enregistré durant une journée. Par exemple, si la température est de 10°C au-dessous de zéro, la note quotidienne attribuée est -10. Les notes quotidiennes sont ensuite compilées et on obtient une mesure cumulative. Par exemple, à Whitehorse, le total moyen en hiver est de 2106 et à Inuvik le total moyen est de 4719. L'épaisseur de la neige est également un facteur qui facilite la mesure de l'épaisseur de la glace. La glace se forme très rapidement au début de l'hiver lorsqu'il n'y a pas beaucoup de neige, mais le rythme de formation de glace ralentit au fur et à mesure que la neige s'accumule et isole la glace de l'air froid. La région d'Inuvik reçoit de 30 à 40 cm de neige et l'épaisseur moyenne de la glace est d'environ 1 m. Le long de la côte, où le vent souffle la neige vers les terres intérieures, de 10 à 20 cm de neige seulement s'accumulent sur les lacs et la glace est deux fois plus épaisse qu'ailleurs. En plus de températures plus clémentes, les scientifiques prédisent que le Nord pourrait avoir plus de chutes de neige que par le passé. M. Burn affirme que l'effet d'isolation de la neige pourrait entraîner la formation d'une couche de glace plus mince. « Si la neige s'accumule près des berges de rivières, la glace y sera plus mince. On pourrait se trouver dans la situation embarrassante suivante : traverser une rivière sur un pont de glace pour se retrouver coincé de l'autre côté en raison de l'absence de glace au bord » de dire M. Burn. L'épaisseur de la glace n'est pas le seul enjeu. « Le problème est une glace dont l'épaisseur est uniforme sur toute la surface. Il est possible de se poser avec un Twin Otter sur de la glace d'une épaisseur de 25 cm seulement, mais c'est la limite. Au moment du chargement, il faut être certain que la glace a au moins cette épaisseur sur toute sa surface » de dire M. Burn. Les ponts de glace le long de la route Dempster, la rivière Peel et le fleuve Mackenzie sont carrossable lorsque la glace a une épaisseur d'environ 25 cm. Pour les véhicules commerciaux, il faut au moins 40 cm d'épaisseur. Il pourrait y avoir des déversements d'eau vers la fin de l'hiver, car la fonte des glaces sur les rivières nordiques est différente d'ailleurs. « La plupart des rivières du Yukon coulant du sud vers le nord commencent à fondre dans les régions du sud et plus tard dans les régions du nord » d'expliquer M. Burn. Durant la crue des eaux, l'eau en mouvement peut se déverser en aval sur des portions de rivières encore gelées, ce qui peut rendre des ponts et des routes impraticables. M. Burn mentionne que l'effet des changements climatiques sur l'épaisseur de la glace peut avoir des répercussions directes sur la vie de tous les jours des habitants du Nord. Les données que les élèves obtiennent dans la région de Mayo serviront de référence lorsqu'on établira des comparaisons avec les changements climatiques à venir. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le sujet, écrivez à Chris Burn (crburn@ccs.carleton.ca). |
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