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Colonne 28 Relever les changements
dans la réserve de
parc national Kluane
 
 

Parcs Canada veut mettre sur pied un programme d'évaluation écologique (photo : Parcs Canada)Avec ses sommets vertigineux et ses larges vallées fluviales, la réserve de parc national Kluane fait partie d'un milieu sauvage étendu. Toutefois, même un parc qui semble aussi intact que celui de Kluane est sujet aux pressions de l'être humain et de l'environnement. C'est pourquoi Parcs Canada veut relever les changements qui se produisent dans le parc.

On veut mettre sur pied un programme d'évaluation écologique qui pourrait être en place dès cet été. David Henry, écologiste de Parcs Canada au Yukon, coordonne le programme d'évaluation.

« Il faut maintenir l'intégrité écologique des parcs nationaux et nous croyons que la pression sera de plus en plus grande afin que nous accomplissions cette partie de notre mandat. Comment est-il possible de connaître les effets sur l'intégrité écologique sans mener d'étude? Pour y arriver, il faut faire des analyses scientifiques crédibles » de dire M. Henry.

Afin de déterminer l'état d'écosystèmes entiers qui n'ont pas subi de grandes modifications par l'être humain, Parcs Canada utilise l'expression « intégrité écologique » depuis plus de dix ans. En 1997, un rapport sur l'état des parcs a indiqué que le parc national Vuntut, dans le Nord du Yukon, obtenait la cote d'intégrité écologique la plus élevée parmi les parcs nationaux au pays.

Il a été déterminé que la réserve de parc national Kluane a obtenu une cote de tiers supérieur, mais que les parcs Kluane et Ivvavik font face à « d'importantes » menaces quant à leur intégrité écologique.

Dans le parc Kluane, nombre des pressions résultent de la fragmentation et de la perte d'habitat dans les secteurs adjacents, pas seulement dans les limites du parc. L'aménagement des terres, la construction de routes, la coupe à blanc, l'exploitation minière et en sont des exemples.

« Dans le parc Kluane, le besoin le plus criant est l'établissement d'un programme coordonné de gestion des écosystèmes de la région entière » de dire M. Henry.

Les gestionnaires du parc veulent évaluer la surutilisation possible du parc en matière d'activités récréatives en arrière-pays, comme dans les vallées de la rivière Slims et de la rivière Alsek. Ils veulent également s'assurer que les avions et les hélicoptères qui circulent et atterrissent dans le parc ne dérangent pas la faune et qu'il n'y a pas d'introduction de plantes exotiques.

Comprendre ces effets peut aider les gestionnaires du parc à prendre des décisions éclairées et à protéger les écosystèmes le mieux possible. Toutefois, l'évaluation des écosystèmes peut poser des défis, car il peut être difficile d'établir la différence entre des changements profonds et des fluctuations à court terme.

« Cela peut prendre dix ans avant qu'un profil révélateur se dessine » d'expliquer M. Henry.

Toutefois, le parc Kluane jouit d'un avantage important. Si tout se passe comme prévu, les chercheurs n'entreprendront pas un tel exercice à partir de zéro. Ils pourront compter sur les données recueillies dans le cadre du projet d'évaluation d'écosystème de la forêt boréale de Kluane. Ce projet d'envergure qui a duré dix ans traitait du rapport entre les animaux et leur nourriture dans une région de 350 km2 près du lac Kluane.

Les chercheurs se sont penchés sur les cycles de population de dix ans des lièvres, des lynx, des coyotes et d'autres animaux de la forêt boréale. Grâce à leurs efforts soutenus, on peut dire que la région à l'étude est celle qui a été la mieux étudiée au Canada et M. Henry espère que les données obtenues dans cette étude serviront aux chercheurs.

« Nous espérons obtenir des données sur la végétation et les petits mammifères, dont les lièvres, à trois endroits dans le parc. Si nous pouvions par la suite établir des rapports entre les données obtenues dans les parcelles étudiées dans le parc et celles relatives à la forêt boréale, nous pourrions littéralement reculer dans le temps sans consacrer dix ans à la collecte de données » de dire M. Henry.

Les endroits considérés pour l'étude sont la rivière Duke, une région située entre le sentier Auriol et le lac Kathleen ainsi que le ruisseau Alder, près du lac Mush. M. Henry mentionne qu'il y a des limites sur ce qui peut être accompli, étant donné les responsabilités actuelles que le personnel du parc doit remplir.

Ce n'est pas la première fois que des études sont menées dans le parc Kluane. Les gardes de parc mènent des études sur nombre d'espèces comme les oiseaux nicheurs et les ongulés tels le mouflon, la chèvre, l'orignal, etc. Ils évaluent également des parcelles de neige en milieu alpin afin de connaître l'évolution du manteau neigeux et partagent les données avec d'autres organismes gouvernementaux.

Les données obtenues permettent aux gestionnaires du parc d'évaluer des facteurs tels les changements dans les habitats et le réchauffement de la terre. « Les causes de certains problèmes sont complexes et il faut prendre le temps nécessaire afin de trouver des solutions » de dire M. Henry.

Toutefois, dans l'ensemble, le parc Kluane est relativement en bonne santé et n'a pas les problèmes qui affectent des parcs comme celui de Banff. « La stabilité est la caractéristique principale du parc Kluane et cela est un atout important » d'ajouter M. Henry.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la réserve de parc national Kluane, veuillez téléphoner au bureau du parc au (867) 634-7250.

 

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