| Colonne 30 |
Le mont Logan et ses secrets bien gelés |
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Les carottes de glace permettent aux scientifiques de comprendre les changements atmosphériques survenus sur de grandes périodes de l'histoire. Les différentes couches de glace peuvent être interprétées à la manière des anneaux d'un arbre et révéler des indices concernant la chimie de l'atmosphère, la température et les précipitations à diverses périodes. « Le mont Logan est un endroit idéal pour prélever des carottes de glace, car c'est en altitude, il fait froid et le plateau au sommet est recouvert d'une épaisse couche de glace » de dire David Fisher, un des organisateurs du projet. Le poids de la glace qui s'accumule compresse les couches de glace, et plus de 90 p. 100 de l'historique de la glace se trouve ainsi condensé au fond de la calotte glaciaire dans les premiers 10 p. 100 de son épaisseur. Étant donné que la glace sur le plateau au sommet est horizontale, les couches s'empilent sans perturbation au fil du temps. On estime que la glace sur le plateau a une épaisseur d'environ 200 m et que les 10 ou 15 m de glace à partir de la base contiendraient des données relatives à une période de 100 000 ans, alors que les quelque 190 m restants ne contiendraient que des données relatives aux 10 000 dernières années. Le plateau au sommet du mont Logan est situé à une altitude de 5 340 m, dans la partie supérieure de la troposphère. L'humidité qui atteint une telle altitude provient de l'océan Pacifique où il n'y a pas de sources importantes de pollution atmosphérique. À une altitude élevée, l'humidité se dépose sous forme de neige et se transforme plus tard en glace. M. Fisher a mentionné que les carottes de glace prélevées sur le plateau devraient révéler la composition de l'air du Pacifique, l'air le plus propre qu'on puisse trouver aujourd'hui.
Les chercheurs de Pêches et Océans Canada espèrent que les données sur les polluants relevés dans les carottes de glace prélevées à altitude plus basse leur permettront de comprendre les changements de productivité dans les couches supérieures de l'océan. De plus, on comparera les échantillons prélevés aux deux endroits sur le mont Logan avec des échantillons prélevés sur la calotte glaciaire de l'île Devon, située dans l'Arctique de l'Est où l'humidité provient de l'Eurasie. Les glaciologues espèrent que la comparaison entre les échantillons expliquera pourquoi les températures enregistrées dans le nord-ouest en bordure du Pacifique sont déphasées par rapport à celles de l'Arctique de l'Est. Alors que le climat s'est réchauffé de façon perceptible au Yukon et en Alaska au cours des dernières décennies, l'Arctique de l'Est n'a enregistré aucun changement de température majeur durant la même période. Toutefois, la situation est à long terme bien différente. À la fin de la dernière époque glaciaire, il y a 10 000 ans, les températures étaient plus chaudes dans l'Arctique de l'Ouest et de l'Est. Par la suite, les températures se sont refroidies graduellement et ont plafonné il y a environ 300 ans à une période appelée le petit âge glaciaire. Les températures ont ensuite réaugmenté graduellement, mais dans l'Arctique de l'Est le réchauffement a plafonné presque en même temps que l'introduction de quantités très élevées de polluants dans la région durant les années 1950. On a déjà prélevé une carotte de glace sur le mont Logan dans les années 1980. Une équipe a foré jusqu'à une profondeur de 100 m et a prélevé une carotte de glace qui contenait des couches de glace accumulées sur une période de 350 ans. L'équipe qui se rendra au mont Logan espère forer jusqu'à 217 m pour atteindre le substrat rocheux. Gerry Holdsworth, le chef d'équipe du projet de forage, sera également au mont Logan l'été prochain. L'équipement a été transporté au site par hélicoptère cet été. L'été prochain une petite équipe grimpera jusqu'au plateau et y restera jusqu'à cinq semaines pour forer dans la calotte glaciaire. Les carottes de glace seront transportées par la voie des airs du mont Logan jusqu'au laboratoire de la Commission géologique du Canada, à Ottawa. De là, on enverra des échantillons de glace dans des laboratoires partout dans le monde. Même les fragments produits durant le forage seront utiles. On les fondra et on analysera la teneur en pollen. « On obtiendra sûrement de nouvelles données sur le passé climatique, car l'endroit est tellement froid qu'il pourrait y avoir de la glace de la dernière époque glaciaire », a dit M. Fisher. On peut communiquer avec David Fisher à l'adresse suivante : fisher@nrcan.gc.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les carottes de glace, consultez le site Web du Programme national de glaciologie à l'adresse suivante : http://members.tripod.com/~thrust_2/glaciology/one.html |
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