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L'avenir de la harde de caribous de la Porcupine |
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Mais cette image -- et ce nombre -- ne représentent pas un tableau complet de ce groupe d'animaux. On en connaît beaucoup plus sur la harde de caribous de la Porcupine que sur n'importe quelle autre harde migratoire en Amérique du Nord. Cependant, quand on compare les chiffres bruts de cette harde à ceux des autres hardes de la toundra, on se rend compte que les chiffres peuvent évoquer une image troublante. L'année dernière, Don Russell, un biologiste du Service canadien de la faune, a recueilli et analysé ces chiffres, ainsi que d'autres données, pour déterminer ce que l'avenir réserve à cette harde. Le 13 mai dernier, il a donné une conférence du Yukon Science Institute sur ce sujet au Centre de la Béringie. M. Russell étudie le caribou dans le Nord depuis presque trois décennies, ce qui correspond approximativement à la durée des pressions visant à rendre accessible au développement énergétique les aires principales de mise bas de la harde dans la Réserve faunique nationale de l'Arctique. À cause de la menace entraînée par le développement, il est possible d'obtenir des fonds de recherche pour étudier la harde de caribous de la Porcupine (HCP). Il n'existe pas beaucoup de données sur les autres hardes étudiées par M. Russell, mais les renseignements suffisaient à indiquer que la HCP n'est pas aussi nombreuse qu'on pourrait le penser. Par exemple, la harde de la rivière George au Labrador compte 780 000 animaux, la harde de Qamanirjuaq, sur la côte ouest de la baie d'Hudson comptait, au dernier recensement, 500 000 caribous et la harde de l'Arctique de l'Ouest compte environ 430 000 têtes. « De toutes les hardes migratoires de la toundra, la harde de caribous de la Porcupine est l'une des plus petites », explique M. Russell. Mais surtout, la HCP n'a pas augmenté en nombre aussi vite que les autres hardes migratoires durant les années 1970 et 1980. Elle a augmenté à un taux d'environ 4,5 pour cent par année, le taux de croissance le plus faible de toutes les hardes. Des 12 hardes étudiées par M. Russell, celle qui occupe le deuxième rang en matière de faible taux de croissance -- la harde du centre de l'Arctique -- a tout de même augmenté du double de ce taux. Trois autres hardes utilisent aussi la plaine côtière de l'Alaska durant les périodes de mise bas et d'élevage et certaines d'entre elles ont quintuplé par rapport à leur nombre en 1970. « La capacité d'augmentation de la harde de la Porcupine semble plus faible que celle des autres hardes. Ce n'est pas une harde très féconde », mentionne M. Russell. De plus, la HCP est en déclin de façon régulière depuis le record de 178 000 animaux en 1989. Bien que les autres hardes aient aussi diminué en nombre, elles ont commencé à diminuer après la HCP. Il ne s'agit pas d'un problème de survie des petits durant leur premier mois de vie, car ce taux a en réalité augmenté au cours des années. M. Russell mentionne que c'est le taux élevé de mortalité des caribous adultes qui distingue la HCP des autres hardes. Chaque années, 16 pour cent des femelles de la HCP meurent, tandis que la moyenne nord-américaine se situe entre sept et treize pour cent. M. Russell pense que les températures printanières plus chaudes peuvent contribuer au déclin de la harde. Les analyses des données météorologiques indiquent que le nombre de jours où la température s'élève au-dessus de zéro degré Celsius ont presque doublé depuis 1989, moment auquel la harde a commencé à diminuer. Cela impose des conditions de voyage plus difficiles aux caribous et les forcent ainsi sur les crêtes où ils sont plus vulnérables aux attaques mortelles par les loups. (Voir yourYukon 183, Spring the Cruelest Season?). « Le climat a joué un rôle. Je soupçonne que cela en est la cause, mais il n'existe pas de preuve définitive », dit-il. Étant donné les changements climatiques radicaux, M. Russell a aussi examiné de plus près la harde du centre de l'Arctique, en Alaska. Leurs aires de mise bas ont été touchées par le développement énergétique dans le région de Prudhoe Bay. Ces données peuvent aider à prédire comment le développement dans la Réserve faunique nationale de l'Arctique peut toucher la harde de caribous de la Porcupine. Les prochaines chroniques aborderont plus en détail cette partie de la conférence, mais qu'il suffise de dire que M. Russell pense que la harde de caribous de la Porcupine n'est pas un groupe d'animaux particulièrement flexible. Il existe déjà un grand nombre de variations annuelles dans les facteurs qui touchent la harde. Cela ne prendrait pas beaucoup de pressions supplémentaires pour mettre la harde dans un état permanent de déclin. « La conclusion est que cette harde n'est pas très féconde ni très résistante par rapport aux changements », mentionne M. Russell. Don Russell a donné une conférence et une présentation Powerpoint sur « l'avenir de la harde de caribous de la Porcupine » au Centre de la Béringie, le dimanche 13 mai dernier. Pour plus de renseignements, veuillez visiter le site http://www.taiga.net/top/caribou.html. |
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