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Colonne 36 Le mouflon de fanin
sort des sentiers battus
 
 

On peut reconnaître le mouflon de Fannin à ses marques uniques (photo : Frank Nice)Les mouflons de fanin de la région de Faro ne sont plus un groupe anonyme d'animaux. Si vous savez qui vous cherchez, vous pouvez repérer Zorro, Raggedy Anne, Bungy et environ 50 autres mouflons à partir de leurs marques.

De plus, à la fin d'une étude sur le mouflon effectuée par un groupe de chercheurs, il sera peut-être possible de prédire quel mouflon est surpris par les étrangers et quel mouflon ne leur porte pas attention.

Des chercheurs de l'Université de Jyvaskyla en Finlande étudient actuellement les mouflons pour connaître leurs réactions aux interruptions des êtres humains quand ils mangent ou allaitent leurs petits. Depuis mars, les chercheurs observent et photographient les mouflons pour essayer d'identifier les particularités qui rendent chaque mouflon unique.

Avec les nombreux mouflons de Dall blancs, il est parfois difficile de différencier les brebis. Les chercheurs doivent mettre des étiquettes d'oreille sur les animaux pour les différencier. On reconnaît les mouflons de fanin à leurs marques uniques et les chercheurs utilisent les taches foncées sur les queues, les pattes et les dos des animaux pour identifier chaque mouflon.

Le docteur Charles Jurasz, membre de la Windfall International School of Environs à Faro, collabore à ce projet et a été le premier à encourager les chercheurs à utiliser cette approche, car elle a bien fonctionné pour lui durant sa recherche sur les baleines.

Les mouflons de fanin, qu'on croit être une phase de coloration distincte du mouflon de Stone de Dall, ne vivent qu'au Yukon. Faro est l'endroit le plus commode pour examiner ces animaux, car en hiver, un troupeau d'environ 100 mouflons broutent sur les versants exposés au sud près de la localité.

Au fil du temps, on prévoit qu'un plus grand nombre de visiteurs viendront voir les mouflons. Tandis que les gens peuvent maintenant regarder les mouflons à partir du centre d'observation construit à cet effet, les agents de protection de la faune veulent s'assurer que l'augmentation du nombre de touristes est gérée afin que les mouflons ne soient pas dérangés.

« Ce que nous aimerions, c'est élaborer des lignes directrices pour éviter que l'engouement que nous portons aux mouflons ne leur nuise », mentione Jean Varey, biologiste responsable des mouflons au sein du ministère des Richesses renouvelables du Yukon.

Mme Carey espère que cette étude, de par la surveillance étroite et individuelle des mouflons, aidera les chercheurs à déterminer à quel moment la perturbation devient un problème. Elle mentionne que, parfois, les visiteurs pensent qu'ils ne dérangent pas les mouflons si ces derniers ne font que regarder les êtres humains sans s'éloigner, mais ce n'est pas toujours le cas.

« Le problème vient de l'effet de surprise. La perturbation commence bien avant que les mouflons se lèvent et se déplacent. Si les mouflons sont vigilants et observent quelqu'un, c'est du temps perdu pour l'alimentation. »

Très peu de recherches ont été effectuées sur le mouflon de Dall et les seules études portant sur la perturbation ont mis l'accent sur les répercussions des vols d'avion. Avec ce projet, les chercheurs imitent la perturbation en se déplaçant pour photographier les mouflons.

John Loehr, un Canadien travaillant sur sa maîtrise en Finlande, étudie les répercussions de la perturbation sur les heures d'affouragement des mouflons. Il mentionne que la recherche sur les autres espèces de mouflons a indiqué qu'ils peuvent s'habituer à certains genres de perturbation, telles que les automobiles sur une route, sans être trop dérangés.

« Quand ils vivent une expérience avec une certaine forme fiable de perturbation, les mouflons semblent ne pas réagir. À l'heure actuelle, près de Faro, les mouflons n'affrontent pas beaucoup de perturbation, mais il y aura de plus en plus de touristes. Il pourrait donc être plutôt question de ce qu'il peuvent endurer », mentionne-t-il.

Raimo Saunanen, photographe du projet, mentionne qu'avant le début de la saison d'agnelage, un mouflon pouvait parfois s'approcher de lui d'ausi près qu'à quatre mètres de distance.

Les mouflons sont reconnus pour être plus prudents durant la saison d'agnelage qui se déroule actuellement. Pour son mémoire de maîtrise, Mina Kovanen se penche sur les répercussions de la perturbation sur le comportement d'allaitement chez la brebis.

« Nous ne savons pas comment les brebis réagiront à la perturbation avec les petits. S'il existe une perturbation, il se peut que les brebis ne se sentent pas assez en sécurité pour allaiter leurs petits », mentionne-t-elle. Elle ajoute que les chercheurs changeront leurs méthodes s'ils pensent déranger les brebis.

Les mouflons de Faro n'ont peut-être pas beaucoup d'expérience avec les touristes, mais ce troupeau connaît bien les activités minières. Ils migrent vers l'ancienne région minière deux fois par année lors de leurs déplacements entre leurs aires d'hivernage et leurs aires d'été et ce, même quand la mine était en exploitation.

Chaque type de perturbation est unique et Mme Carey espère que des études ultérieures se pencheront sur ce groupe d'animaux. Elle mentionne que la recherche sur les réactions des mouflons aux perturbations hivernales, telles que l'utilisation de motoneiges, est aussi nécessaire.

Si les marques des animaux ne varient pas beaucoup d'année en année, ce troupeau de mouflons identifiables pourrait être un avantage important pour des futurs projets de recherches.

« Une autre personne voulant faire une recherche sur le comportement des mouflons pourrait travailler avec plus de 50 mouflons identifiés sans avoir à les toucher. Une recherche est beaucoup plus efficace quand le chercheur peut identifier les animaux », mentionne Mme Carey.

La recherche bénéficie de l'appui d'une fondation du Northern Research Institute au Collège du Yukon. Pour plus de renseignements sur ce projet, veuillez visiter leur page Web à http://www.cc.jyu.fi/~johloeh/researchproject1.html.

 

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