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Colonne 38 Le trèfle ne présage
pas toujours de
bonnes nouvelles
 
 

Lorsqu'ils se déplacent en voiture dans le sud du Yukon, les gens peuvent apercevoir une grande plante ramifiée qui a pris d'assaut les bordures des routes en de nombreux endroits. Le mélilot est particulièrement visible en ce moment, car il est en fleurs.

Au cours des dernières années, le mélilot a pris racine en de nombreuses régions perturbées et il pousse bien en bordure de nos nombreuses routes et nombreux chemins. Personne ne sait exactement quand ce trèfle a fait son apparition sur le territoire, mais les deux derniers étés pluvieux lui ont certainement été favorables. Ils ont occasionné une grande densité de croissance en certains endroits.

« Le trèfle s'est probablement propagé grâce aux véhicules sur la route. Des gens qui ont rapporté du foin des régions du sud l'ont peut-être propagé », mentionne Stu Withers, un botaniste du Yukon. Ce dernier étudie la propagation du mélilot sur le territoire, en vérifiant la superficie de sa dissémination et s'il constitue un problème.

Habituellement, les plantes introduites comme le mélilot ne posent pas de problème au Yukon, car nos longs hivers empêchent de nombreuses espèces exotiques de se propager. Mais ce n'est plus le cas du mélilot jaune et blanc. Le trèfle blanc est d'ailleurs la plus abondante des deux variétés.

Certaines régions du sud ont essayé de contenir le mélilot parce que -- avec sa grande densité de croissance- il peut diminuer la visibilité en bordure des routes. Il peut aussi attirer des animaux sauvages en bordure des routes, ce qui cause un autre type de risque d'accidents.

Près de Beaver Creek, des légumineuses comme le trèfle ont été expréssement exclus du mélange utilisé pour la revégétation en bordure des routes pour éviter que les caribous ne soient tentés de le manger, mais le mélilot a aussi envahi cette région.

Parmi les autres préoccupations au sujet du mélilot, on retrouve la crainte qu'il n'envahisse les terres agricoles et les terres sauvages et qu'il ne fasse concurrence aux autres espèces. M. Withers recueille encore des renseignements à ce sujet, mais il mentionne que jusqu'ici, le mélilot semble se confiner aux bordures des routes et aux régions environnantes des localités.

« Il ne fait pas une véritable concurrence à la végétation naturelle et ce n'est pas encore un problème important pour les terres agricoles. Mais, il peut tout de même devenir un problème pour les régions perturbées naturellement, telles que les cônes alluviaux », mentionne M. Withers.

Le mélilot est originaire de l'Europe et de l'Asie, mais est arrivé en Amérique du Nord il y a plus de quatre siècles déjà et on le retrouve maintenant dans la majorité des régions du continent.

Le trèfle n'est pas considéré comme une mauvaise herbe par tout le monde. Dans certaines régions de l'Amérique du Nord, il a été cultivé comme culture fourragère et culture régénératrice du sol depuis le début des années 1900. On le cultive aussi comme source d'alimentation pour les abeilles.

M. Withers mentionne que le mélilot semble être plus abondant en bordure des routes du Klondike et de l'Alaska. Jusqu'à maintenant, il ne s'est pas répandu très loin sur la route de Dempster et il n'y en a pas beaucoup en bordure de la route d'Atlin, car la végétation sauvage et dense poussant près de la route laisse peu de place aux envahisseurs.

Il existe trois méthodes différentes pour contenir le mélilot. On peut le brûler, le détruire avec des herbicides ou le contenir mécaniquement en l'arrachant ou en le tondant. Chaque méthode possède des côtés positifs et négatifs, mais elle doit être mise en pratique pendant au moins deux années consécutives.

« Pour contenir le mélilot, il faut savoir qu'il s'agit d'une plante bisannuelle. La première année, toute son énergie est consacrée à l'enracinement et la deuxième année, il fleurit, sème ses graines et meure. Par exemple, si vous le brûlez à l'automne, cela ne fait que germer les graines dans la terre et vous vous retrouvez avec une croissance encore plus dense l'année d'après. »

Au Minnesota et au Wisconsin, on fait habituellement brûler le mélilot pour le contenir, tandis qu'en Illinois, cette méthode est une préoccupation sérieuse de gestion et le mélilot est contenu avec des herbicides. Le mélilot est une préoccupation particulière aux environs des prairies tourbeuses où sa hauteur le fait ressortir durant sa floraison.

Au Yukon, M. Withers mentionne qu'il reste des décisions à prendre à propos de la propagation du mélilot, bien que le ministère des routes s'inquiète de la réduction possible de visibilité à cause de la hauteur de cette plante. Le Northern Research Institute a financé cette étude, laquelle recommande la création d'un programme expérimental pour mettre à l'essai les diverses techniques de contrôle.

Pour plus de renseignements, veuillez envoyer un message électronique à Stu Withers au : withers@internorth.com ou au : 867-393-2884.

 

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