| Colonne 41 | Contre vent et froidure |
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En réalité, le météorologiste a fait plusieurs promenades de 90 minutes sur un tapis roulant installé dans un tunnel aérodynamique réfrigérant à l'Institut militaire et civil de médecine environnementale à Toronto, tout près de son bureau à Environnement Canada. M. Tourigny était l'un des douze cobayes volontaires, six hommes et six femmes, qui ont fait l'essai d'une nouvelle méthode de mesurage et d'enregistrement du refroidissement éolien, lequel est l'effet frigorifique combiné de basses températures et de vent. Les volontaires ont été munis d'une gamme de capteurs thermiques installés à divers endroits de leur visage et à l'intérieur de leur bouche et même des sondes rectales pour contrôler leur température corporelle interne. « Finalement, c'est la sonde buccale que j'ai trouvé la plus dérangeante, parce qu'elle m'a empêché d'ouvrir la bouche », mentionne M. Tourigny. « Vous auriez dû me voir avec toutes ces sondes. J'avais l'air d'un robot. » Chaque volontaire a fait une promenade à -10°C, une à 0°C et une à 10°C, en plus d'un « essai mouillé » à 10°C, avec une petite éclaboussure d'une seconde au visage, chaque 15 secondes. Chaque promenade a duré 90 minutes, soit 30 minutes à trois vitesses de vent différentes, respectivement 8, 18 et 29 kilomètres par heure. L'essai mouillé a été le moins confortable selon M. Tourigny. « J'ai eu une surprise à chaque éclaboussure, durant les premières minutes au moins. Laissez-moi vous dire que j'étais content que l'essai à 10°C et non celui à zéro ait été le premier effectué. L'eau était vraiment froide par moment! » Pourquoi se donner autant de mal? Après tout, cela fait des décennies que nous avons des rapports de mesures de vents et de refroidissement éolien. « La nouvelle approche envers le refroidissement éolien est en partie le résultat de progrès scientifiques et en partie une réaction au mécontentement des Canadiens envers la façon dont le refroidissement éolien était signalé », mentionne Bill Miller d'Environnement Canada, à Whitehorse. Environnement Canada, préoccupé par le fait que les Canadiens ne comprenaient pas la façon dont le refroidissement éolien était signalé durant les dernières années, en watts par mètre carré, a mené une imposante étude au pays pour trouver des façons plus pertinentes et accessibles de présenter les signalements. « Des groupes de discussion organisés à Haines Junction et à Kwanlin Dun, ainsi que des sondages téléphoniques effectués auprès de plus de 300 Yukonnais, nous ont aidé à comprendre les besoins des personnes vivant dans le Nord », souligne M. Miller. Le changement dans la façon dont le refroidissement éolien est signalé ne suffisait pas. Les vieilles normes étaient trompeuses et déroutantes. Le concept de refroidissement éolien remonte à 1939, quand Paul Siple, un explorateur de l'Antarctique, a trouvé une façon d'exprimer le fait que nous avons froid plus vite si le vent souffle fort. Il a mesuré le taux de congélation de l'eau à une hauteur de 10 mètres du sol, où les anémomètres sont placés pour mesurer le vent. Toutefois, la majorité d'entre nous vit plus près du sol, où le vent agit de façon différente et notre visage ne gèle pas comme l'eau. Les chercheurs ont alors conçu une nouvelle formule pour estimer l'effet réel du vent et des températures froides sur la peau exposée. Ils ont commencé en faisant l'essai des changements de températures sur une tête de mannequin avec une peau fabriquée à partir d'un matériel thermoconducteur spécial. Ils ont ensuite fait l'essai du modèle mathématique inspiré de la tête de mannequin sur des êtres humains, dont Pierre Tourigny. Ils ont trouvé des différences individuelles considérables de réaction au froid et au vent. Plus de la moitié des gens dans les essais ont une adaptation physiologique qui envoie une bouffée de sang vers la peau du visage quand la température atteint un certain degré. Toutefois, afin de protéger les gens les plus susceptibles de souffrir de gelures, les chercheurs ont adapté leurs formules à la portion de la population qui ressent le plus grand refroidissement au visage. Bien qu'il existe encore beaucoup de choses à apprendre sur le refroidissement éolien, la nouvelle formule est désormais utilisée, avec une nouvelle façon d'enregistrer le refroidissement éolien. Les météorologistes d'Environnement Canada signaleront le refroidissement éolien en des termes rappelant ceux utilisés pour la température -- un refroidissement éolien de -30°C signifie que la température se rapproche de -30°C, même si la température réelle est seulement de -20°C. Vous pouvez trouver la formule mathématique du refroidissement éolien et une explication du phénomène à http://www.msc.ec.gc.ca/windchill/Science_equations_f.cfm. Mieux encore, si vous ne voulez pas effectuer vous-même les mathématiques, Environnement Canada a mis à votre disposition une petite calculatrice utile du refroidissement éolien à http://www.msc.ec.gc.ca/windchill/calculator_f.cfm. Pour des renseignements sur le refroidissement éolien, visitez le site http://www.msc.ec.gc.ca/windchill. Pour des renseignements sur les températures actuelles, le refroidissement éolien et les prévisions, téléphonez au 668-6061, à Whitehorse ou au 993-8367 à Dawson City. |
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