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« Le compostage est un processus naturel qui se produit partout. À un niveau fondamental, il ne nécessite pas d'efforts », explique Joy Snyder, directrice générale de Raven Recycling. « La clé d'un programme de grande envergure est de gérer le processus pour qu'il se déroule rapidement et à des températures élevées. » La chaleur détruit les composants indésirables, y compris les pathogènes et les graines de mauvaises herbes. Pour traiter l'énorme volume à l'installation de compostage municipale et suivre le rythme des étés nordiques, le processus doit être rapide. Le compostage communautaire a commencé à Whitehorse durante les années 1990 et a mené à la création de ROTS (Recycling Organics Together Society). ROTS a instauré un programme de collecte de compost commercial et est parvenue à faire inclure une installation de compost au dépotoir. Madame Snyder mentionne que le programme pilote Waste Watch, lancé ensuite par la ville de Whitehorse, a pris son envol en 1995. Raven Recycling gère le site de compost au dépotoir depuis le milieu des années 1990. Madame Snyder explique que le compostage est en fait une formule très simple : environ 50% de carbone et 50% d'azote, auxquels s'ajoutent de l'oxygène et de l'eau. Le carbone provient des « éléments bruns » -- des matières sèches comme le papier, les feuilles mortes ou les copeaux. L'azote provient des « éléments verts » -- des ajouts frais et humides comme les ordures ménagères, les déchets de coupe de gazon et le fumier. Selon le manuel de compostage du Olds College, un institut d'agriculture de l'Alberta, le compostage est un « processus biologique contrôlé dans lequel une succession de flore microbienne convertit des matières organiques en un produit biologiquement stable ». Le compostage est caractérisé par une période microbienne active à de hautes températures quand des matières facilement digestibles sont disponibles, suivie d'une période de maturation à de basses températures pour permettre une digestion des matières plus complexes. Le compostage est un processus aérobie, ce qui signifie que la présence d'oxygène est cruciale. Les micro-organismes qui ont besoin d'oxygène travaillent rapidement pour décomposer les matières végétales afin de se procurer les substances nutritives nécessaires. Par contre, si le compost n'est pas retourné et se tasse ou devient trop humide, les micro-organismes anaérobies prennent le dessus. Ces bactéries indésirables dégagent du méthane et de l'hydrogène sulfuré, créant l'odeur « d'ufs pourris » souvent associée aux tas de compost. Pour introduire de l'air dans le compost, la ville utilise un chargeur frontal pour retourner les tas. Les travailleurs s'assurent que les tas restent uniformément humides parce que l'eau permet aux bactéries de se déplacer. Les personnes qui font leur compost à la maison peuvent acheter un accélérateur de compost contenant des microbes ou suivre le conseil de Madame Snyder pour réussir leur tas de compost. « La clé du compostage domestique est de toujours remettre certains des derniers tas dans le compost. C'est comme faire du levain ou du yaourt -- vous gardez une portion des cultures bactériennes », mentionne-t-elle. Au dépotoir, les travailleurs fonctionnent à une plus grande échelle et ils doivent tenir compte de certains facteurs différents. Ils construisent des andains en utilisant un mélange de matières du programme Waste Watch et de résidus de jardin -- des éléments verts et bruns. Ils entreposent certaines des matières à grand volume pour pouvoir composer les rangées afin d'atteindre un équilibre exact. Madame Snyder compare cet exercice à une recette de cuisine mitonnée avec soin pour atteindre un résultat désiré. Elle ajoute que les travailleurs sont toujours en train de penser à ce qu'ils ajoutent en termes d'azote et de carbone, qu'ils prennent la température des tas quotidiennement et qu'ils les analysent régulièrement pour plusieurs raisons. « L'important est de réussir à maintenir la température pour qu'elle soit assez élevée pour détruire les pathogènes nocifs, mais pas trop pour éviter l'élimination des bactéries désirables. Nous maintenons la température à près de 70 degrés Celsius pendant au moins douze jours », souligne Madame Snyder. Pour régler la température, les travailleurs aèrent les tas. Les matières du programme Waste Watch sont continuellement accumulées durant l'hiver, en prévision des chaudes températures et de la saison de compostage. Madame Snyder mentionne que les tas se compostent parfois durant l'hiver. Les micro-organismes produisent assez de chaleur pour prospérer dans les tas de l'été précédent -- même durant les longs hivers. C'est en raison de la chaleur intense que le programme Waste Watch ne refuse pas plusieurs des matières habituellement écartées des composteurs domestiques. « Les viandes et les produits laitiers posent des problèmes à cause de la salmonelle et des autres pathogènes. Mais, à l'installation municipale, cela n'est pas une préoccupation, parce que la chaleur est tellement constante et intense et que nous analysons le compost régulièremement », explique Madame Snyder. Elle souligne aussi que leur compost répond aux exigences de classe A de l'Alberta. Cela signifie qu'un suivi est effectué par des tests sur la salinité, le pH, la présence de métaux lourds, les coliformes fécaux, la salmonelle, ainsi que les substances nutritives -- l'azote, le potassium et le phosphate. « Par le passé, le compost au dépotoir de Whitehorse n'était pas bien trié. Nous avons grandi plus vite que l'installation », mentionne Madame Snyder. Tout cela va changer cet été, car la ville de Whitehorse va créer un nouveau bâtiment de compostage. Madame Snyder souligne qu'avec l'expansion du programme Waste Watch à travers toute la ville, l'installation améliorée sera en mesure de répondre au volume accru et de résoudre tous les problèmes. Trié et ensaché, le compost deviendra un produit de plus grande qualité. |
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