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Cela remonte à sa jeunesse alors qu'il était un guide de pêche sur le fleuve Saint-Laurent, se rappelle le chercheur de l'Ontario. À la fin de la journée, les guides et les pêcheurs rentraient avec des baquets remplis d'achigans et de brochets et ils comparaient leurs observations. Le lendemain, ils recommençaient, déterminés à ramener un trophée plus gros et plus beau. « C'était de la pêche de consommation. Nous étions jugés selon notre prise quotidienne », mentionne-t-il. Le jeune Casselman contemplait toutes ces prises et s'est dit qu'il était impossible de continuer de cette façon. Sa préoccupation est devenue encore plus vive quand il a commencé à étudier les poissons et à se rendre compte que chaque perche adulte dans son baquet avait entre 10 et 12 ans. Une prise quotidienne représentait vraisemblablement entre 200 et 300 ans de production piscicole. C'est ce constat qui lui a donné un sentiment aigu de l'importance de la conservation. « Il était impossible de maintenir ces ressources à ce niveau d'exploitation de consommation », explique-t-il. Au cours des années, l'énoncé de M. Casselman s'est maintes et maintes fois avéré juste, car la pression découlant de l'usage humain a ravagé les populations de poissons. M. Casselman signale que la croissance d'un gros poisson prend beaucoup de temps, surtout dans les eaux du Nord. Il compare la pêche de gros poissons à la coupe de vieux arbres dans une forêt ancienne. « Nous avons maintenant des lacs encerclés d'arbrisseaux », remarque M. Casselman. C'est ici que la passion pour déterminer les âges des poissons à un rôle à jouer. M. Casselman explique que le gens accordent plus d'importance aux animaux et les respectent quand ils se rendent compte de leur âge et de l'exploit que représente leur survie. Déterminer l'âge des poissons n'est pas une tâche facile. La taille ne suffit pas, car elle est plutot liée à l'état de croissance qu'à l'âge. Et, ajoute M. Casselman d'un air désabusé, les poissons n'ont pas de date de fabrication imprimée sur une nageoire. Au cours des années, les chercheurs ont étudié des indices de l'âge des poissons. Pendant longtemps, ils ont pensé avoir résolu le problème en examinant les anneaux de croissance sur les écailles de poissons. Les écailles prouvent une tendance annuelle de croissance comme les anneaux dans un tronc d'arbre. Les chercheurs ont pensé qu'en comptant les écailles, ils détermineraient l'âge. Toutefois, dans les années 1970, certains d'entre eux ont commencé à étudier les antécédents de croissance dans les diverses arêtes de poissons et ont découvert qu'elles ne correspondaient pas aux anneaux sur les écailles. Dans certains cas, l'écart était tellement grand qu'il aurait pu mener à de graves erreurs de gestion. M. Casselman mentionne que les touladis sont un bon exemple. Les otolites ou les concrétions calcaires d'oreilles de certains touladis analysés ont indiqué que les poissons ont entre 30 et 40 ans, même si leurs écailles indiquent seulement entre 16 et 18 ans de croissance annuelle. Le problème, explique-t-il, est que les écailles continuent à grandir seulement et aussi longtemps que le poisson grandit. Quand il a atteint la maturité, ses écailles ne grandissent plus. L'otolite, toutefois, continue d'indiquer une augmentation aussi longtemps que vit le poisson. « Les otolites ne correspondent pas à la croissance des poissons autant qu'ils font les dépôts saisonniers des produits chimiques », explique M. Casselman. Il mentionne qu'il est confiant que les otolites peuvent lui indiquer l'âge d'un poisson à une année près. Mais il ne veut pas répéter les erreurs précédentes et présumer que les otolites détiennent les réponses. Actuellement, il participe à une étude qui aidera à vérifier l'exactitude des données découlant des otolites et peut-être les améliorera. Durant les années 1950 et 1960, les essais atmosphériques des bombes atomiques ont répandu des éléments radioactifs comme le strontium 90 et le carbone 14 dans l'atmosphère. Les éléments sont retombés sur la terre et ont été absorbés par les plantes et les animaux. Les tissus et les os des organismes qui vivaient à cette époque contiennent des niveaux observables de ces éléments -- y compris les otolites des poissons. Dans le cas des espèces dont la durée de vie est ausi longue que les touladis, les éléments tiennent lieu de repère, liant un anneau de croissance dans le développement de l'otolite à une année particulière de l'essai de la bombe. M. Casselman espère que la « datation de la bombe » offrira une confirmation indépendante de l'exactitude des anneaux d'otolites dans le calcul de l'âge des poissons et augmentera peut-être même la précision des calculs. M. Casselman remarque que le calcul exact de l'âge permettra de comprendre avec beaucoup plus de précision la nature de la croissance des poissons et de la structure des communautés de poissons. Cela est important pour la gestion des espèces individuelles et des masses d'eau et pour la compréhension des changements et des influences dans le plus grand écosystème dans lequel habitent les poissons. Pour plus de renseignements sur les poissons et la gestion piscicole, communiquez avec Environnement Yukon au (867) 667-5117 ou avec le ministère des Pêches et des Océans au (867) 393-6722. Ces deux bureaux sont situés à Whitehorse. |
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