Unité de référence : sud-est du Yukon

L'unité de référence du sud-est du Yukon compte trois régions Land Cover of Ecoregions écologiques recouvertes par la forêt boréale. Environ 1 700 personnes vivent dans les agglomérations de Watson Lake et d'Upper Liard. L'économie de Watson Lake est diversifiée et comprend, entre autres, le secteur des services et celui des entreprises forestière. L'agglomération autochtone d'Upper Liard a été fondée à l'époque du commerce des fourrures. Upper Liard est située à 10 km au nord de Watson Lake; on y pratique des activités liées à l'industrie forestière et les résidents s'adonnent à certaines activités vivrières traditionnelles.

Il existe une seule mine en roche dure dans la région. Sä Dena Hes est une mine de plomb et de zinc qu'on a exploité pendant quelques années, mais qui est maintenant fermée. Cette mine fournissait de l'emploi aux résidents de Watson Lake, directement à la mine et indirectement dans le secteur des services. On avait certaines préoccupations environnementales par rapport à la route d'accès à la mine et à l'exhaure des lagons de débris rocheux, mais on y a répondu par l'intermédiaire d'un processus d'évaluation et de délivrance de licences. Il ne subsiste aucune préoccupation quant aux effets à long terme de l'exhaure de roches acides.

Le sud-est du Yukon est le territoire de la Première nation Liard, un groupe qui, malgré sa participation aux secteurs économiques industriels, continue de maintenir des liens traditionnels avec la terre. La Première nation est propriétaire d'une des principales entreprises d'exploitation forestière de la région, et elle est signataire de la seule entente sur la récolte du bois d'œuvre.

Dans le sud-est du Yukon, les liens entre le tourisme, l'industrie minière, l'industrie forestière, les pratiques vivrières traditionnelles et les loisirs, de même que les effets de l'activité humaine sur l'environnement, sont complexes. Par exemple, le tourisme et les loisirs nécessitent des espaces naturels relativement intacts; les activités vivrières dépendent de la protection de l'habitat et du maintien de la nature dans son état sauvage.

Défis que pose l'exploitation forestière durable

La plupart des activités commerciales de coupe de bois ont lieu dans la région de Watson Lake. La demande en bois d'œuvre du Yukon a considérablement augmenté récemment, et les politiques et la réglementation entourant la gestion des ressources forestières font actuellement l'objet d'une révision. Jusqu'à tout récemment, la plus grande récolte de bois d'œuvre était celle de 1900, année au cours de laquelle on a récolté 253 000 m³ de bois. Il a fallu attendre jusqu'en 1994-1995 pour établir un nouveau record : 419 211 m³ pour l'ensemble du Yukon. La récolte provenait à 79 p. 100 de la région de Watson Lake.

La vallée de la rivière Liard et celles de ses affluents contiennent les forêts les plus grandes et les plus productives du Yukon. Elles sont d'une grande valeur sous bien des aspects. Elles offrent à l'orignal un bon territoire d'hiver, et les forêts qui ont atteint leur pleine maturité sont l'habitat de prédilection de la martre, le plus important animal à fourrure pour les piégeurs de la région de Watson Lake. Les forêts sont également importantes pour les amateurs de loisirs. Plusieurs des rivières de la région, dont la Coal et la Liard, sont très populaires auprès des amateurs de canot.

Les forêts d'épinette blanche qui bordent la rivière Liard et ses affluents constituent un habitat crucial pour les populations d'oiseaux chanteurs qui ont besoin de forêts matures. Comme dans la vallée des rivières LaBiche et Beaver l'épinette blanche pousse également loin des cours d'eau, cette région est une aire de nidification des oiseaux chanteurs particulièrement importante. En 1995, des études sur le terrain ont révélé qu'il y avait dans ces forêts six espèces d'oiseaux dont on ignorait jusque-là la présence au Yukon. Dans l'est de l'Amérique du Nord, des rapports de suivi à long terme des migrations montrent que les populations de plusieurs de ces espèces diminue graduellement (dont celle de la paruline du Canada et de la paruline couronnée).

Lorsqu'on tente d'établir une industrie forestière durable, au moins un élément est clair. Il faut équilibrer les récoltes de bois-d'œuvre en reboisant les forêts récoltées. Cependant, la pousse est extrêmement lente. En effet, on estime qu'il faut parfois attendre 100 ans pour récolter un nouvel arbre à des fins économiques. Jusqu'en 1982, il n'existait au Yukon aucun programme de reboisement ou de sylviculture. Le reboisement naturel n'est pas toujours couronné de succès. Par conséquent, on estime que 2 000 hectares de terres forestières n'ont pas été reboisés de façon satisfaisante.


Les forêts boréales et le réchauffement de la planète

Le dioxyde de carbone est un des principaux gaz responsables du problème de l'effet de serre, et les scientifiques croient qu'il aide à emprisonner la chaleur du soleil et participe au réchauffement de la planète. Comme toutes les plantes vertes, les arbres aident à éliminer le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère en décomposant les molécules de dioxyde de carbone à l'aide de la lumière du soleil. L'oxygène est immédiatement libéré dans l'atmosphère, mais les plantes retiennent le carbone pour le convertir en hydrates de carbone. Il est important de noter que le carbone passe librement des organismes vivants à l'atmosphère. Par la suite, les forêts libèrent le dioxyde de carbone par des processus naturels, comme la respiration, la décomposition et les feux de forêts. Les chercheurs veulent localiser les principales réserves de carbone à l'échelle de la planète dans le but de déterminer à quelle vitesse les niveaux de dioxyde de carbone augmentent.

On estime que la forêt boréale (y compris les tourbières) renferme 186 trillions de kilogrammes de carbone à l'intérieur de leur biomasse, de leurs produits forestiers et du sol. Si on le libérait, ce carbone contribuerait à l'effet de serre. Actuellement, les forêts du Canada aident à réduire les niveaux de dioxyde de carbone présents dans l'atmosphère en absorbant chaque année plus de carbone qu'elles n'en libèrent. Cet état de chose pourrait bien changer, et ce pour plusieurs raisons. La quantité nette de carbone que la forêt boréale absorbe chaque année :