Unité de référence : sud-ouest du Yukon

La plupart de la population du Yukon habite dans sud-ouest du territoire. Environ 23 000 personnes habitent à Land Cover of Ecoregions Whitehorse et environ 1 500, dans les agglomérations avoisinantes. La population a augmenté rapidement, tout particulièrement au cours des sept dernières années où elle a connu une augmentation de 26 p. 100. De nombreux résidents attribuent beaucoup d'importance à un mode de vie où il est possible d'avoir accès à des secteurs sauvages pour y pratiquer des activités récréatives ou traditionnelles. L'augmentation de la population commence à avoir, sur bien des aspects, des incidences sur l'environnement, que ce soit par les déchets que nous produisons, la diminution de plusieurs richesses locales (bois de chauffage, poissons et gibier), et dans le nombre restreint de terres propices au développement.

On pourrait penser que le fait d'avoir une petite population répartie sur de vastes étendues permet de limiter les conflits quant à l'utilisation de la terre, mais certains conflits surviennent quand même dans cette région, étant donné que la majeure partie des terres qui se prêtent le mieux aux aménagements résidentiels et à l'agriculture se situent dans les meilleurs habitats pour les animaux sauvages, c'est-à-dire au fond des vallées.

Les grands carnivores se sont mal adaptés au développement dans le sud du Canada au cours du dernier siècle, ce qui ne fait qu'accroître l'importance des populations de loups et d'ours du Yukon. Les grizzlis sont vulnérables au développement sous plusieurs aspects. Ils ont besoin de grands territoires pour se nourrir, et les femelles mettent plusieurs années avant d'atteindre l'âge adulte. De plus, elles donnent naissance à un nombre restreint d'oursons. Du fait qu'ils sont souvent attirés par les décharges municipales, les ours s'exposent encore à d'autres risques. Autour de la décharge de Haines Junction, on a installé une clôture électrifiée dans le but de décourager les ours de venir dans la décharge, ce qui auparavant nous obligeait à nous en débarrasser. On protège ainsi les populations d'ours des secteurs avoisinants, y compris les grizzlis du parc national Kluane. On prévoit installer des clôtures électrifiées autour de plusieurs autres décharges municipales du Yukon.

Il serait trompeur de sous-entendre que les activités humaines sont responsables de tous les problèmes environnementaux de cette région. D'un point de vue géologique, le paysage du sud-ouest du Yukon est jeune. La région est la plus active au Canada d'un point de vue séismique, et la topographie des montagnes crée des accidents de terrains, comme des glissements de terrain. Bon nombre des cours d'eau alimentés par la fonte de glaciers charrient une charge considérable de sédiments, et sont susceptibles aux débordements.

À Carcross, l'eau souterraine a causé certaines préoccupations dans le milieu des années 80. Lors d'analyses, on a relevé dans certains échantillons d'eau de puits la présence d'arsenic, une matière toxique présente dans la nature. Les niveaux d'arsenic s'approchaient de la limite maximale pour l'eau potable (plus de 0,05 particules par million), et on en est venu à prendre des mesures pour abandonner la source d'eau souterraine contenant de l'arsenic et alimenter l'agglomération en eau à partir d'une prise d'eau dans le lac Bennett.

Nous avons appris certaines choses utiles concernant la façon dont les humains ont, à la longue, un effet sur l'environnement en analysant les connaissances ancestrales des Premières nations. La région du lac Aishihik, dans le sud-ouest du Yukon, est riche en histoire, et les Premières nations Champagne et Aishihik gravitaient autour du village d'Aishihik. Les anciens voient deux raisons possibles qui ont motivé l'aménagement du village à cet endroit : les meilleurs territoires de pêche étaient situés à l'extrémité nord du lac Aishihik, près du village; et on trouvait près de là du caribou, de l'orignal et du mouflon en abondance.

En 1975, on a érigé un barrage sur la rivière Aishihik, changeant ainsi le niveau naturel du lac Aishihik. Lorsque les travaux ont commencé, beaucoup de gens ont exprimé leur inquiétude au sujet de la hauteur du niveau d'eau; cependant, les biologistes croient maintenant que les niveaux d'eau trop bas ont également des effets importants. Le grand corégone et le touladi peuvent vivre plus de 35 ans. Ils atteignent leur maturité sexuelle avant «l'adolescence», et se reproduisent annuellement à l'automne. Des biologistes spécialisés dans l'étude du poisson ont découvert que, depuis le début de l'exploitation de la centrale hydroélectrique, il est arrivé certaines années où seul un petit nombre de corégones ont survécu pour atteindre l'âge adulte. Ces «problèmes de recrutement» semblent liés au faible niveau des eaux du lac.

Les membres des Premières nations Champagne/Aishihik éprouvent des difficultés à poursuivre leurs activités traditionnelles de chasse et de pêche. À la fin des années 80, les autochtones de la région ont signalé une baisse du nombre d'orignaux et de caribous dans la région d'Aishihik. La population de caribous des bois a diminué d'environ 40 p. 100 entre 1981 et 1991. On en est venu à y interdire la chasse avec permis, et les Premières nations ont volontairement interrompu leurs activités de chasse vivrière. Puis, en 1992, on a lancé le programme de sauvegarde du caribou de la région d'Aishihik.

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