L'être humain habite le secteur de Whitehorse depuis des siècles. On a trouvé des traces d'anciens lieux habités en amont du canyon Miles et en aval des rapides de Whitehorse. L'expression tutchone du Sud Kwanlin Dun, qui sert à désigner une des Premières nations des environs de Whitehorse, signifie «l'eau qui coule dans le canyon».
Durant la Ruée vers l'or, on a érigé des villes de tentes à Canyon City et sur la rive est du fleuve Yukon, là où se trouve maintenant le quartier résidentiel de Riverdale. Le nouveau village de Whitehorse a été aménagé là où se trouve actuellement le centre-ville de Whitehorse. La population de Whitehorse est demeurée à environ 1 000 habitants de 1901 jusque dans les années 40, soit jusqu'à la construction de la route de l'Alaska. Cet événement a entraîné une croissance considérable de la population du territoire. Whitehorse n'est plus la ville de pionniers d'autrefois; c'est là qu'on trouve le plus gros de la population du territoire. Il n'est donc pas étonnant que les problèmes environnementaux auxquels la ville soit confrontée soient les mêmes que ceux que vivent les villes plus au sud, soit les problèmes de qualité de l'air et de l'eau.
Bien que l'air au centre-ville de Whitehorse soit en général d'excellente qualité, il arrive qu'il soit par moment de piètre qualité. L'usage des véhicules et le chauffage au bois sont des facteurs qui contribue à cet état de chose . Durant l'hiver, lorsque les jours sont froids et sans vent, les masses d'air plus chaud qui se trouvent au-dessus de la ville emprisonnent l'air froid à des niveaux plus bas durant des heures, voire des jours. Ces périodes d'inversion de température causent une accumulation temporaire de polluants gazeux et de fines particules dans l'air.
On recueille des données sur la qualité de l'air au centre-ville de Whitehorse et à Riverdale, un quartier résidentiel particulièrement enclin aux inversions de température. En 1986, la Ville de Whitehorse a adopté un arrêté municipal sur la fumée de bois. Cet arrêté permet à la Ville d'interdire l'utilisation de systèmes de chauffage au bois à Riverdale durant les périodes d'inversion de température.
Dans cette section, nous passons en revue les données recueillies à la station de surveillance de la pollution atmosphérique du centre-ville de Whitehorse. Ces données révèlent la quantité totale de particules en suspension et le niveau de concentration de deux polluants gazeux, soit l'oxyde de carbone (CO) et le dioxyde d'azote (NO2). La station de surveillance de la pollution atmosphérique fait partie d'un réseau national de stations où l'on surveille la pollution atmosphérique des secteurs urbains. On mesure la présence de polluants gazeux à partir de la fin de l'automne jusqu'au début du printemps (depuis 1985), et on mesure la présence de particules tout au long de l'année. La station de surveillance de la pollution atmosphérique a été fermée en 1992-1993. Les données recueillies depuis la réouverture de la station n'ont toujours pas été analysées.
Il convient de répondre à cette question en comparant
la qualité de l'air à Whitehorse aux objectifs
nationaux en matière de qualité de l'air. Ces objectifs
ont été élaborés par le gouvernement
du Canada, et ils reposent principalement sur la qualité
de l'air par rapport aux risques pour la santé. Les risques
pour la santé dépendent du type de polluant, de
la concentration de polluants, et de la durée de l'exposition
à ces polluants. Ainsi, pour chaque polluant, il existe
plusieurs objectifs qui permettent de déterminer si la
qualité de l'air est «bonne» (sans effets négatifs),
«assez bonne», «mauvaise» et «très
mauvaise». À Whitehorse, l'air est généralement
de «bonne» qualité lorsqu'on considère
tous les types de polluants. Cependant, il arrive que la qualité
de l'air soit «assez bonne» ou «mauvaise»
lorsqu'on trouve du CO, du NO2 et des particules en suspension en grande concentration.
L'oxyde de carbone or CO: est un polluant fréquent, et on le trouve habituellement en faible concentration dans l'atmosphère. En concentration élevée, ce gaz incolore et inodore peut poser de graves risques pour la santé.
échappement des véhicules, chauffage résidentiel
et commercial
Les données recueillies à la station de surveillance
de la pollution atmosphérique du centre-ville de Whitehorse
révèlent qu'il y a souvent au cours de l'hiver des
périodes où l'air n'est pas de «bonne»
qualité. Il faut reconnaître que, même lorsque
concentrations de CO sont à leur niveau le plus élevé
au centre-ville de Whitehorse, la qualité de l'air est
tout de même «assez bonne», et que la qualité
de l'air ne devrait avoir aucun effet néfaste sur la santé
des résidents.

Au centre-ville de Vancouver, un des pires endroits au Canada pour ce qui est des concentrations d'oxyde de carbone, la situation s'est considérablement améliorée depuis 1985. La tendance est moins marquée à Whitehorse. Parmi les 54 stations de surveillance de la pollution atmosphérique au Canada, celle de Whitehorse se classe chaque année entre le 7e et le 15e rang pour ce qui est des périodes où les concentrations de CO étaient élevées. Lors de ces périodes de 8 heures, les concentrations de CO font que la qualité de l'air est 'assez bonne' (à Whitehorse), et 'assez bonne' ou 'mauvaise' (à Vancouver).
Le dioxyde d'azote or NO2: est un gaz marron qui dégage une certaine odeur. En concentration élevée, NO2 peut avoir des effets néfastes sur les humains, les plantes et les matières, et il peut réduire la visibilité. Les enfants et les personnes souffrant de problèmes respiratoires sont particulièrement sensibles au gaz NO2.
échappement des véhicules, chauffage résidentiel
et commercial
Whitehorse est une des quelques stations de surveillance au Canada
où l'on enregistre parfois des taux de dioxyde d'azote
pouvant causer des problèmes de santé, soit lorsque
les concentrations pour des périodes de 24 heures justifient
qu'on considère la qualité de l'air comme étant
«mauvaise». Ces phénomènes se produisent
rarement, et il est difficile d'en déterminer la cause.
Parmi les hypothèses avancées, mentionnons les changements
climatiques et l'échappement des véhicules. Cependant,
on n'écarte pas la possibilité d'une défectuosité
des instruments.
La quantité totale de particules en suspension : désigne le taux de particules de toutes tailles en suspension dans l'air, y compris les fines particules de fumée et de gaz d'échappement, de même que la poussière transportée par le vent. Les particules en suspension dans l'air réduisent la visibilité, sont salissantes et, lorsqu'elles atteignent des niveaux élevés, affectent les gens souffrant de problèmes respiratoires.
échappement des véhicules, fumée des feux
de bois, poussière (au printemps)
Le niveau médian annuel de la quantité de particules
en suspension dans l'air diminue de façon constante depuis
les années 70, et il se situe généralement
à un niveau qu'on considère «bon». Cependant,
il arrive encore à Whitehorse que, durant des périodes
de 24 heures, la qualité de l'air soit «mauvaise»
en raison de la quantité de particules en suspension dans
l'air. Bien qu'il arrive qu'on atteigne de hauts niveaux en hiver
en raison du chauffage au bois et de l'échappement des
véhicules, c'est tôt au printemps qu'on enregistre
à Whitehorse les plus fortes quantités de particules
en suspension dans l'air, au moment où, juste après
la fonte des neiges, le vent balaie la poussière dans les
rues.
À Whitehorse, la principale source d'eau utilisée tout au long de l'année est le lac Schwatka, un réservoir hydroélectrique aménagé sur le fleuve Yukon. L'hiver, on mélange l'eau souterraine à l'eau du lac pour réduire l'usage des chauffe-eau à la station de pompage. L'été, on utilise l'eau souterraine pour réduire la teneur en sédiments. On vérifie la qualité de l'eau pour dépister toute présence de bactérie d'origine fécale ou coliforme. Les limites pour l'eau potable non traitée sont de 10 organismes par 100 millilitres d'eau pour les coliformes, mais aucune bactérie coliforme d'origine fécale n'est tolérée. Il arrive parfois que le niveau de bactérie dans la source d'eau dépasse la limite, tout particulièrement au printemps. Au cours des dernières années, il arrive de plus en plus souvent qu'on trouve de grandes quantités de bactéries coliformes dans les échantillons. Il est possible que ce phénomène soit imputable à l'augmentation des aménagements résidentiels, récréatifs et industriels en amont de la ville, de même qu'à certains éléments naturels, comme les populations d'oiseaux.
Bien que la Ville ait mis sur pied des programmes de conservation de l'eau, les résidents ont peu intérêt à économiser l'eau étant donné qu'ils paient un montant fixe pour le service d'aqueduc. Pour réduire la consommation d'eau, la Ville a adopté un arrêté municipal exigeant qu'on installe dans toutes les nouvelles constructions et tous les bâtiments rénovés des toilettes écologiques qui demandent moins d'eau de vidange. Le système d'aqueduc de la ville commence à donner des signes de vieillissement, et on tente de l'améliorer pour réduire les fuites. De plus, il est interdit d'installer des purgeurs dans les nouvelles constructions.
Égouts
Il y a trois systèmes de traitement des eaux usées à Whitehorse : les bassins de Whitehorse et de Porter Creek, qui déversent l'eau continuellement dans le fleuve Yukon, et le système de Crestview, qui déverse l'eau dans le sol. Le système de Whitehorse sera rénové, et on s'attend à pouvoir améliorer ainsi la qualité de l'eau en aval de Whitehorse.